A l’occasion de la commémoration des cents ans du génocide arménien, nous rédigeons cet article que nous voulions écrire depuis bientôt un an. A deux pas du mémorial de la place Antonin Poncet à Lyon, nous choisissons de rendre hommage au peuple arménien et à nos amis en racontant notre surprenante découverte de ce pays encore méconnu des touristes.

En juin 2014, nous sommes partis à trois avec mini baroudeuse qui avait alors 7 mois, visiter le nord de l’Arménie et le sud de la Géorgie pendant 2 semaines, à l’occasion du mariage d’un ami arménien à Erevan. Nous devons avouer que nous ne savions pas trop à quoi nous attendre et que le peu d’informations et guides sur cette destination, nous a dévoilé tout au plus quelques noms de monastères immanquables ! C’est ainsi que nous nous sommes rendu compte 1 semaine avant de partir, que faisant parti du sud Caucase, l’Arménie compte des hauts plateaux et chaines de montagnes très élevés qui dicterait notre itinéraire avec notre bébé de moins d’un an (risque de maladie aigu des montagnes à partir de 1500m pour les nourrissons).

Coucher de soleil sur les hauteurs de Yerevan

Coucher de soleil sur les hauteurs de Yerevan

Des paysages montagneux grandioses

Pas moins de 90% du pays se trouve à plus de 1000 mètres d’altitude. Avant même d’atterrir à Erevan, la vue sur les hauts plateaux arméniens et le Mont Ararat culminant à plus de 5000 mètres d’altitude à l’extrême est de la Turquie est à coupé le souffle.

Certains entreprennent l’ascension du mont Aragat, le point culminant de l’Arménie à 4095 m d’altitude, qui se fait l’été, afin de dominer ses paysages extraordinaires.

Le sommet enneigé du Mont Ararat est le décor omniprésent de la capitale et fait de Erevan au premier coup d’œil une ville hors du commun pour le voyageur.

Mont Ararat vue depuis l'une des ruelles de Erevan

Mont Ararat vue depuis l’une des ruelles de Erevan

A une trentaine de kilomètres au sud de Yerevan, au monastère de Khor Virap, le mont Ararat semble tout près, presque à portée de mains.

Khor Virap devant le mont Ararat

Khor Virap devant le mont Ararat

Plus au nord, en laissant derrière nous l’immense lac Sevan perché à 1900 m d’altitude, nous avons été émerveillé par la vision panoramique de toute l’Arménie du Nord qui s’ouvre devant nous au col Sevan, avant de redescendre vers les forêts de Dilijan et sa région où nous avons posé nos sacs dans une de ces charmantes maisons d’hôtes.

Quelques kilomètres plus au nord sur la route de la Géorgie, c’est le spectaculaire Canyon de Debed, haut lieu de l’histoire et de la culture arménienne qui nous a émerveillé.

Canyon du Debed au nord de l'Arménie

Une terre ancienne et sacrée

L’histoire de l’Arménie s’étale sur plusieurs millénaires. Le pays compte aujourd’hui de nombreux édifices religieux remarquables, les plus anciens datant du VII siècle, ont ponctués notre itinéraire. Un certain nombre d’entre eux sont classés au patrimoine de l’UNESCO. Le monastère Noravank dans la région de Vayots Dzor, nous a impressionné par son architecture, celui de Sanahin par son environnement. Le monastère de Geghard, avec son ambiance mystérieuse et ses décors particulièrement bien conservés éclairés par des surprenants puits de lumière naturels, se dresse dans un profond canyon aux alentours de Erevan.

Une capitale contrastée qui se modernise

Centre culturel, économique et politique d’environ 1 million d’habitant (un gros tiers de la population du pays), Erevan est une ville où l’on se sent bien. La ville est très vivante l’été avec de nombreuses terrasses de cafés et de bars qui sont ouverts tard le soir notamment vers la place de l’Opéra.

La gastronomie, à l’honneur à Erevan, est influencée par les pays voisins, L’Iran, La Géorgie, la Turquie, la Russie. Il y en a pour tous les goûts et c’est un régal.

Les contrastes de la capitale sont parfois saisissants. Vous visiterez et poserez à la Cascade, monument architectural de 1970 avec un magnifique point de vue sur la ville. Il renferme depuis quelques années un musée d’art contemporain que vous traversez sur des escalators et quelques mètres plus loin vous vous retrouverez dans un petit parc d’attraction d’une autre époque plus ou moins à l’abandon au plein cœur de la ville.

A pied, en métro, en taxi, la ville se parcourt aisément à condition de regarder où l’on met les pieds et d’éviter à tout prix les poussettes, au risque de rester coincé dans les nombreux culs de poules des trottoirs. Après un demi-siècle de domination soviétique, la plus petite république de l’ex-URSS, indépendante depuis 1991, tente avec de gros travaux d’urbanisme, malgré les difficultés économiques, de changer de visage en devenant plus moderne et surtout plus animée. Le chemin est encore long comme en témoigne les coupures d’eau la nuit, dans certains quartiers, afin de réduire les fuites beaucoup trop coûteuses des installations vétustes.

Yerevan vue depuis la dernière terrasse de la Cascade

Yerevan vue depuis la dernière terrasse de la Cascade

Un accueil chaleureux, des rencontres inoubliables

Plus tourné vers l’avenir que vers leur passé tragique, les arméniens sont des gens extrêmement hospitaliers qui aiment la vie et les enfants.

Notre voyage motivé par le mariage d’un de nos amis arménien vivant à Erevan, nous a permis de découvrir les traditions d’une étape qui demeure essentielle dans la vie de la jeunesse arménienne. Les festivités commencent au matin séparément du côté de la mariée et de son futur époux. Le marié, sa famille et ses amis proches vont ensuite chercher la mariée chez ses parents dans la bonne humeur et en musique accompagnés de cadeaux. Les discours du parrain du mariage et des parents sont rythmés par les « toasts » porté à la vodka. Nous avons ensuite tous rejoins l’église pour la cérémonie avant de prendre le buffet chez les mariés. La grande fête qui réunit l’ensemble des centaines d’invités a lieu le soir avec le délicieux et traditionnel barbecue arménien, les jeux, les danses et les innombrables toasts portés en l’honneur des mariées, de leur entourage et de la vie ! Nous devons dire que c’est l’un des mariages où nous nous sommes le plus amusés.

L’accueil des touristes occidentaux, encore peu nombreux, est partout très enthousiaste. Les langues étrangères sont incroyablement bien pratiquées. Dans les zones rurales les jeunes se feront un plaisir de faire votre interprète en anglais !

Devant les difficultés économiques, le manque de richesses naturelles contrairement à leurs voisins, les problèmes de corruption et le poids de la dépendance à l’égard du soutien financier russe, les jeunes générations très cultivées et bien formées sont tentées de quitter leur pays pour trouver une issue à leur avenir bouché. Alors que moins d’ 1/3 des arméniens vit en Arménie (3 millions d’habitants pour 11 millions d’Arméniens dans le monde), le défi est grand pour ce peuple attachant qui ne semble pas encore totalement libre.

Ce voyage en Arménie nous a beaucoup touché et nous espérons y retourner un jour.

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12 Commentaires

  1. 28 avril 2015 à 15 h 24 min — Répondre

    L’Arménie n’est pas trop connue pour son tourisme. Personnellement je ne m’y étais jamais intéressé mais ces photos et tes commentaires me font découvrir une autre face du pays. Merci !

  2. 29 avril 2015 à 13 h 04 min — Répondre

    L’Arménie, c’est un pays qui me donne clairement de plus en plus envie 🙂
    Alors merci pour ce billet que je garde de côté pour le jour ou je vais vraiment y partir.

  3. Krikor Amirzayan
    14 mai 2015 à 7 h 31 min — Répondre

    L’Arménie, ce « musée à ciel ouvert » où se côtoient, églises, monastères et une population chaleureuse et accueillante, a accueilli l’an dernier plus de 1,3 million de touristes. L’Arménie c’est la destination favorite pour découvrir les premières églises chrétiennes au monde. Une culture de plus de 3000 ans d’âge, une architecture originales, voilà la découverte de la source du Christianisme. A l’heure où les chrétiens d’Orient sont menacés d’extermination, l’Arménie, premier Etat chrétien au monde (en l’an 301) vous propose de découvrir les premiers instants de ce christianisme restés intacts dans ces montages ou vallées non loin du mont biblique de l’Ararat (5 156 m) qui domine le Plateau arménien. L’Arménie c’est aussi la vie. A découvrir les villages à la population chaleureuse et très accueillante. C’est aussi le Haut Karabagh d’une nature très belle et authentique. L’Arménie, c’est La destination.

    • 14 mai 2015 à 18 h 33 min — Répondre

      On est à 200% en accord avec votre commentaire et on est heureux d’avoir été parmi les touristes qui ont découvert ce pays fantastique. On espère vraiment donner envie à d’autres de partir découvrir l’Arménie. Un voyage en Arménie c’est une aventure qu’il faut tester 🙂

  4. Nicolaïdès Pascal-Haroutioun
    14 mai 2015 à 10 h 02 min — Répondre

    Nous avons visité l’Arménie en compagnie d’un groupe de Français
    qui ne la connaissaient pas: ils ont tous été charmés de leur voyage!
    Accueil chaleureux, beauté des paysages naturels, histoire et monuments, site mégalithique, téléphérique de Tatev, repas et hôtellerie parfaits, bref un voyage inoubliable tout prêt de la France dans un pays trop méconnu qui mérite votre attention et un voyage
    « Les Arméniens…ces Européens d’Asie… » (Anatole Leroy-Beaulieu)

  5. Cekic
    14 mai 2015 à 22 h 50 min — Répondre

    Felicitation jai enormement aimer les images et les commentaires que ta fait je suis deja partie deux fois et mon fils cest mariee en armenie cetait magnifique inoubliable et sans aucun doute je retournerais encore meme si je ne suis pas nee labas je suis comme chez moi et ta tout ta fait raison cest un pays tres tres attachant agreable et historique comme pays je suis nee en turquie et ca ma touchee enormement ce que ta marquee

  6. 23 septembre 2015 à 3 h 29 min — Répondre

    un grand merci pour cet article qui me donne plus qu’envie d’aller le mois prochain en Arménie. J’ai d’ailleurs lu votre article sur la Georgie et j’y poursuivrai sans doute mon voyage d’une quinzaine de jours.

    • 1 octobre 2015 à 7 h 03 min — Répondre

      Arménie et Géorgie, super projet de voyage ! Tu ne seras pas déçu ! Si tu as des questions, n’hésites pas !
      Bon voyage

  7. 4 janvier 2016 à 17 h 45 min — Répondre

    Sans voir votre article nous n’aurions jamais pensé, ne serait ce qu’un instant penser à l’Arménie. Vous avez réussi ce pari osé, nous devons bien l’avouer.

    Etonnant cette pratique des langues étrangères. Comme quoi on est vraiment à la bourre 🙂

    • 28 janvier 2016 à 8 h 00 min — Répondre

      Oui on est vraiment mais vraiment en retard sur les langues !!!
      L’Arménie on valide à 100%, vous pouvez y aller les yeux fermés et savourer leur cuisine mélangeant les saveurs d’occident et d’orient !

  8. 23 mai 2016 à 11 h 54 min — Répondre

    On décolle dans 2 mois pour 3 semaines en Arménie avec nos 3 enfants. Votre article va un peu à contresens (c’est le cas de le dire !) avec ce qu’on peut lire habituellement au niveau des langues. Généralement, on me prédit le pire à ne pas parler Russe. On est très impatients !

    • 5 août 2016 à 11 h 10 min — Répondre

      Oula je suis un peu en retard sur la validation des commentaires. Alors comment avez-vous trouvé l’Arménie ? Avez-vous eu le même ressentie que nous ?

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