Tour du monde : notre guide complet pour passer du rêve à la réalité

« Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve. »
Antoine de Saint-Exupéry

Sur un coup de tête ou lorsque l’idée a déjà bien germé dans nos cerveaux ou nous titille trop, la première étape d’un tour du monde est de ce dire : Ca y est, c’est décidé, nous partons !

A ce moment là, on ne pense pas à la cabane au bout du monde ni à Robinson sur sa plage paradisiaque mais à des dizaines de questions du genre : Où est-ce qu’on va ? Combien de temps part t’on ? Comment va-t-on faire pour notre travail ? Que fait-on de sa maison, de son chat et de son palmier ? Qui va gérer les factures et les impôts en notre absence ? Comment ferra-t-on si il nous arrivait quelque chose là-bas ? Combien ça coûte un tour un monde ? En combien de temps peut-on économiser l’argent qu’il faut ?

Pas de panique ! Ce n’est pas si difficile de mettre un peu d’ordre dans tout ça. Mais par où commencer ?

Un beau matin, nous nous sommes assis par terre autour d’une table basse et avons posé sur un papier de manière pragmatique les fondations de notre projet : Quand ? Qui ? Où ? Quoi ? Comment ? Pourquoi ?

On fait quoi ? Combien de temps ? Où va-t-on ?

On fait quoi ? Combien de temps ? Où va-t-on ?

Le Q de Quand partir et combien de temps ?

Nous entendons par là, à quelle période de sa vie partir ? A vrai dire, il n’y a pas de réponse tranchée à cette question, cela dépend de la vie personnelle et de l’activité professionnelle de chacun même si sur notre route, la grande majorité des voyageurs au long court que l’on a rencontré ont entre 25 et 30 ans, sans enfants, les études derrières eux et une courte expérience professionnelle leur ayant permis d’économiser un peu. Bien sûr qu’il est plus facile d’organiser un tour du monde en solo ou en couple qu’entouré d’une ribambelle de bambins, que son corps accuse moins le coup des plans routards, des longs trajets en bus et des décalages horaires à 20 ans qu’à 60 mais il n’y a pas d’âge pour réaliser ses rêves comme en témoigne les familles nombreuses autour du monde attirant spontanément la sympathie des habitants, et cette femme presque octogénaire, rencontrée à l’ambassade birmane à Bangkok, sur les routes d’Asie pendant 4 mois en solitaire !

A quelle période de l’année partir ? Cela dépend du calendrier des préparatifs, du moment opportun pour faire un break professionnel (congés sabbatiques, disponibilité, congés sans solde, démission), du climat des pays traversés.

Combien de temps partir ? Partir longtemps c’est avant tout prendre le temps. La majorité des tourdumondistes partent 6 mois à 1 an. Notre choix c’est porté sur 6 mois, du fait de notre disponibilité, de notre budget, de la plus grande complexité des formalités lorsqu’on part plus longtemps, des études inachevées pour l’un de nous deux et de notre crainte de ne pas pouvoir reprendre le boulot si l’on voyageait au delà ! Mais sachez que six mois c’est court et que vous en garderez pour la prochaine fois !

On arrête de courir après le temps !

Le Q de avec Qui partir ? Seul, à plusieurs, avec ses enfants

Ce dont on peut parler en connaissance de cause : Un périple au long court en couple est une expérience très enrichissante. Vivre 24h sur 24 avec son conjoint tisse des liens très forts et implique de mettre parfois en jeu des nouvelles ressources pour éviter ou se sortir des moments conflictuels. Les repères sont bouleversés et tout est possible !

Ce qu’on a observé : Les voyageurs en solo ne sont pas souvent seuls. Ils sont plus disponibles pour les rencontres avec d’autres voyageurs mais aussi avec les locaux et partagent fréquemment un repas, une nuit, un séjour dans une ville voire un pays avec d’autres routards solitaires dont les envies convergent.

Ce qu’on a ouïe dire par ceux qui partent en famille : Beaucoup de parents ne s’autorisent pas à se poser la question d’entreprendre un tel projet de peur d’entraver la scolarité de leurs enfants. Néanmoins, il n’est pas impossible de concilier enseignement scolaire et la découverte du monde. Un excellent moyen de leur apprendre la tolérance et d’augmenter leurs facultés d’adaptation.

Avec qui je pars ? Des volontaires ?

Avec qui je pars ? Des volontaires ?

Le O de Où partir et comment définir son itinéraire ?

Il peut paraître frustrant de se limiter à quelques pays, quelques régions et pourtant si l’on veut prendre le temps et rendre le voyage singulier cela est indispensable. Alors comment choisir ? Voici une démarche tirée de notre expérience :

Une première liste des pays qui vous attirent est un bon début. La seule règle est de ne pas se censurer. Si vous préparez votre voyage à plusieurs, cette première confrontation vous réserve déjà de belles surprises !

Pour sélectionner, nous avons classé les pays :

  • par coût de la vie : il est conseillé d’équilibrer les destinations peu coûteuses des pays émergents ou pauvres et des pays développés et confortables beaucoup plus onéreux (voir la carte de Numbeo).
  • par niveau de difficultés à voyager en fonction de la situation politique, des infrastructures souvent liées à la fréquentation touristique.
  • par périodes propices pour les visiter selon le climat (cela peut prendre plus ou moins d’importance selon le mode de transport comme le vélo par exemple), les événements (par exemple si vous tenez assister au carnaval de Rio en février), les hautes saisons où les lieux touristiques sont sur fréquentés et les prix s’envolent (notre voyage en Australie nous a coûté plus cher que prévu car nous nous sommes trouvé là- bas pendant la très haute saison au moment des fêtes de fin d’année et la location du campervan était beaucoup plus onéreuse).

Ce classement permet de faire une première sélection et sera très utile pour  établir son itinéraire.

Définir son itinéraire fait parti de la préparation d’un tour du monde même s’il n’est pas question de figer son trajet car sur place vos envies et les imprévus pourront vous dérouter.

L’itinéraire dépend notamment :

  • de la durée du voyage : même si l’on ne souhaite pas faire le tour complet d’un pays y rester moins de 2 semaines nous semble dommage et souvent plus couteux.
  • des éventuelles contraintes liées à son projet : choix de partir sur les traces de Marco Polo, nécessité de rencontrer des personnes à interviewer…
  • de son mode de déplacement : voyager à vélo implique de prendre en compte les frontières terrestres, utiliser l’avion impose de réserver ses billets plus ou moins à l’avance et souvent d’acheter avant le départ un billet d’avion tour du monde dont la logique propre orientera votre route.
Séance de préparation de notre itinéraire

Séance de préparation de notre itinéraire

De notre côté, nous voulions passer un peu de temps dans des pays anglophones pour améliorer notre anglais (l’Australie en priorité), nous rendre en Asie du Sud-Est et aller voir un ami en Chine. Au départ nous avions envie de faire un détour par l’Afrique de l’Est mais les billets tour du monde passant par ce continent sont nettement plus chers car l’Afrique est une zone en dehors des grands axes aériens. Au total, nous avons visité 8 pays en 6 mois dont 3 en Asie du Sud-Est (Cambodge, Vietnam, Birmanie), 3 îles (Australie et Nouvelle-Zélande et Japon) et traversé l’Amérique du Sud de Rio de Janeiro au Brésil à Santiago du Chili en nous attardant au nord de l’Argentine.

Le Q de Quoi ou qu’est-ce qu’on fait pendant ce tour du monde ?

Au risque de nous répéter partir en tour du monde c’est d’abord prendre le temps ! Loin de notre quotidien d’occidentaux, les yeux rivés sur la montre, l’oreille collée au téléphone portable, la rentabilité en ligne de mir,  franchir le pas vous fera retrouver le temps de vivre et le bonheur de la liberté et de la rencontre.

Est-ce qu’on monte un projet au delà du voyage ?

Un certain nombre de voyageurs décident de monter un projet « d’utilité publique » autour de leur tour du monde. Quels sont les avantages et les inconvénients que nous avons trouvé sur la question de partir avec un projet sérieux et original de type éducatif ou humanitaire ?

Les + :

  • ces projets sont souvent des passeports pour de nombreuses rencontres et contacts
  • il s’agit de projets altruistes qui font avancer
  • ils donnent la possibilité de se faire financer son projet et donc une partie du voyage à l’aide de bourses d’organismes publics ou privés telles que : la Bourse Zellidja, le Concours Envie d’Agir du ministère, Les Trophées du Routard, les Bourses de la Fondation Nicolas Hulot, les bourses Déclics Jeunes de la Fondation de France

Les – :

  • ils sont chronophages avant le départ (préparation, dossiers) et au retour (rapport d’activité, présentations)
  • ils engendrent des contraintes durant le voyage

Pour nous la balance a penché pour la liberté, la vie au jour le jour pendant le voyage. Nous craignions qu’un tel projet sur un voyage de 6 mois risque d’interférer avec notre volonté de prendre le temps. Et puis bon, il faut l’avoir l’idée originale qui vous tienne à cœur !!

Voici quelques projets qui nous ont interpellé :

  • Le tour en train de Sacha : Sacha,13 ans, est atteint d’une maladie génétique rare et est passionné par les trains. Franck Boucher, son père,  a choisi de réaliser un projet extraordinaire pour son fils extraordinaire : un tour du monde en train.
  • Le tandem c’est la santé : Ce couple est parti pédaler à la rencontre d’associations et ONG qui œuvrent dans le domaine de la santé. Leurs objectifs étaient de partir à la rencontre du monde pour ramener des témoignages et créer des partenariats pour tenter mieux comprendre et proposer une médecine adapté aux populations locales.
  • Projet Jeux et enjeux sur Terre : Leur objectif était de mettre en relation des écoles d’Ile de France avec des écoles Françaises à l’étranger ainsi que des écoles locales à travers les jeux de société et le sport afin de créer un recueil de jeux pratiqués dans les différentes régions du monde parcourues.
  • Mais vous êtes foot : Trois jeunes qui sont partis en périple sur quatre continents en utilisant le sport le plus populaire au monde comme vecteur de rencontres et prétexte pour écrire des chroniques de voyage avec photos et croquis . Le dossier du projet est un modèle très complet et la liste des sponsors impressionnante !

Il est tout de même possible sans se lancer dans un grand projet à proprement parler, d’avoir un fil conducteur : les classiques échanges avec des écoles à travers le monde, l’idée étonnante de Sarah d’assister à des spectacles gratuitement en échange d’un sourire, ou encore tenir un blog ou site de voyage pour partager avec son entourage cette découverte du monde et de sa diversité, aider à son tour de futurs voyageurs à préparer leur tour du monde ou faire connaître des initiatives encourageantes.

Petit cours de géographie au Cambodge

Petit cours de géographie au Cambodge

D’où vient A-contresens ?

  • De l’itinéraire de notre tour du monde dans le sens inverse de la rotation de la Terre, vers l’Ouest.
  • D’une volonté de voyager de manière responsable en ayant conscience de notre impact sur l’environnement et en faisant des choix qui le minimise comme limiter les transports polluants (ce qui est un minimum lorsqu’on réalise en tour du monde en avion au bilan carbone déjà catastrophique !), se passer de la climatisation, prendre des itinéraires bis et éviter les lieux sur fréquentés ;  en privilégiant les échanges interculturels et économiques directs avec les populations locales.
  • De nos cinq sens qui sont le moteur de notre voyage, de nos interactions avec le monde et de notre émerveillement quotidien.

Est-ce qu’on prévoit de travailler sur place ?

Quand on voyage longtemps, trouver un job à l’étranger est parfois intéressant pour faire des rencontres, se rendre utile ou se faire un peu d’argent.

  • L’aide humanitaire : du volontariat à plein temps sur une période assez longue à la mission ponctuelle il est possible de mettre à disposition sa bonne volonté et ses compétences au services d’ONG dans le secteur de l’enseignement, du social et de la santé (http://www.ritimo.org/).
  • Le Working Holiday (http://www.working-holiday-visas.com): il est possible de débuter son tour du monde par un visa vacances travail. Ces visas d’immigration temporaire permettant de travailler (sous certaines conditions) dans un des ces 7 pays partenaires de la France (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Singapour, Corée du Sud, Japon, Argentine) pour financer des vacances prolongées dans le pays. Attention, ces visas sont limités pour la plupart des destinations aux jeunes de moins de 30 ans !

Nous ne nous sommes pas vraiment posé la question car nous avions décidé de partir 6 mois et cela nous paraissait trop court pour envisager de travailler à l’étranger.

Nous on voulait prendre notre temps !

Nous on voulait prendre notre temps !

Le C de Comment réaliser son tour du monde ou plutôt avec quel budget ?

Certains partent sans un sous, d’autres avec le portefeuille bien rempli, il est alors difficile de répondre unanimement à la question : un tour du monde est-ce que ça coute cher ? Cela dépend de sa façon de voyager autrement dit des besoins personnels de chacun, de la durée du voyage, des modes de transport et des pays visités.

Mais en pratique la plupart des routards sans travailler sur place ni squatter toujours à droite à gauche, économisent en prévoyant un budget pas trop serré pour se faire plaisir en voyageant tout en sachant bien que lorsqu’on voyage longtemps il faut savoir aussi dormir par terre, se déplacer avec ses pieds et manger dans la rue !

Ainsi préparer son budget tour du monde revient à :

  • Estimer les dépenses liées au voyage c’est à dire le prix du transport principal le plus souvent les billets d’avion, les dépenses quotidiennes sur place (hébergement, nourriture, transport, achats et souvenirs), les fournitures achetées avant le voyage (équipements, guides, matériel électronique….), le coût des formalités (visa, assurances, santé, frais bancaires…).
  • Savoir comment on peut réunir les pépettes, ce que l’on est capable d’économiser chaque mois et prévoir le temps nécessaire pour mettre cet argent de côté.

Le P de Pourquoi faire le tour du monde ?

Il y au moins 10 bonnes raisons de partir en tour du monde :

  • Pour profiter maintenant de sa retraite avant qu’on ne puisse plus le faire.
  • Parce que la fin du monde est prévue pour le 21 décembre 2012.
  • Parce qu’on nous a dis d’en profiter avant d’avoir des enfants.
  • Parce que comme le disait Jules Renard : « Ceux qui ont fait le tour du monde peuvent faire durer leur conversation un quart d’heure de plus ».
  • Pour apprendre à vivre sans reblochon, au moins pendant un temps.
  • Pour se sentir chez soi partout.
  • Pour avoir des souvenirs plutôt que des regrets.
  • Pour se désintoxiquer de la société de consommation.
  • Pour vivre l’été toute l’année.
  • Pour rencontrer tant d’humains, de croyances, de modes de vie, de langues et se rendre compte que nous ne sommes pas si différents et qu’il ne suffit de pas grand chose pour comprendre et adopter un autre mode de vie.
On pourrait ajouter : faire des ombres chinoises devant la grande muraille de Chine !

On pourrait ajouter : faire des ombres chinoises devant la grande muraille de Chine !

A chacun son QQOQCP, retrouvez le notre dans cette petite vidéo de présentation de notre tour du monde.

Quelques références pour aller plus loin

  • Partir autour du monde, le livre gobe-trotteurs de l’association ABM (Aventure au Bout du Monde)
  • L’incontournable librairie lyonnaise Raconte moi la terre
  • Les festivals de voyage aux quatre coins de la France comme Partir Autrement d’ABM pour rencontrer des tourdumondistes qui partagent leur expérience.
  • Les apéros-voyageurs et l’association Pasdav
  • Quelques sites de voyageur bien fournis sur ces questions de préparatifs :
    • Le site de Bruno et Anh : En tour du monde d’avril 2011 à avril 2012, leur site fourmillent de nombreux conseils pour préparer votre tour du monde.
    • Le tour du monde de François et Sylvain (tourdumondiste.com) : Leur section préparatif est clair et efficace, une référence incontournable.
    • Le site de MatéCaro : Pour leurs superbes fiches pays qui ont inspiré nos petits guides pratiques.
    • Novomonde : Le site de nos copains tourdumondiste suisse qui regorge de détails sur la préparation et le déroulement d’un tour du monde. Ils ont également écrit un ebook qu’ils offrent gratuitement qui répond à toutes les questions que l’on peut se poser lors de la préparation d’un tel voyage.

Et bien sûr, notre planificateur de tour du monde :

Le planificateur de tour du monde

A lire sur le blog pour aller plus loin dans la préparation de votre tour du monde :

Recherches qui ont permis de trouver cet article : les règles pour faire le tour du monde, temoignages preparatif voyage en afrique

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7 Commentaires

  1. chiara
    19 juillet 2012 à 9 h 54 min — Répondre

    Merci de cet article qui exprime bien vos intentions et qui est riche de conseils pratiques.

    je vais en faire trésor (typique expression italienne hiihih) pour un projet futur !!

    bisous les louslous

  2. 25 juillet 2012 à 7 h 35 min — Répondre

    Merci pour ces bons conseils et j’ai bien aimé ton post 😉

    Très sympa

  3. 30 juillet 2012 à 8 h 41 min — Répondre

    Et bah c’est complet tout ça ! De quoi bien réfléchir avant de se lancer dans un projet de tour du monde.

  4. Odépart.fr
    10 août 2012 à 8 h 48 min — Répondre

    Whaou super aventure que vous vivez la !
    Je confirme, 6 mois est la bonne période pour partir, après ca devient un peu « lassant » (si on peut utiliser cette expression dans un voyage)
    En tout cas je vous souhaite le meilleur pour votre voyage.

    • 12 septembre 2012 à 21 h 44 min — Répondre

      6 mois c’est très long comme très court ! Tout est question de point de vue ! Pour nous, 6 mois fut presque trop court, on aurait pas dit non pour voyager encore quelques mois.

  5. 1 décembre 2012 à 18 h 20 min — Répondre

    Nous sommes le 1er décembre… Bon j’espère que c’est pas vraiment la fin du monde, parce que tout planifier et le faire en 20 jours, cela me paraît difficile! 😉

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